Égalité femmes-hommes – Conseil départemental du 20/02/2026

Je suis intervenue lors de la séance plénière du Conseil Départemental du 20 février 2025 sur la stratégie en faveur de l’égalité femmes-hommes

« Je souhaite tout d’abord saluer la qualité du travail présenté dans cette stratégie départementale en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes pour 2026-2028.

Et remercier Camille Bedin,  élue en charge de cette politique ainsi que l’ensemble des services du Conseil départemental des Hauts-de-Seine pour les actions engagées depuis 2021 dans ce domaine :

  • un index d’égalité professionnelle en progression,
  • des écarts de rémunération qui diminuent,
  • le renforcement des actions de prévention et de traitement des discriminations, du harcèlement et des agissements sexistes au travail. C’est une condition essentielle pour garantir un environnement professionnel sûr et respectueux.
  • des actions structurantes dans les collèges, le sport, la culture,
  • la lutte contre les violences avec la création de l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes

Pour autant, si nous voulons être pleinement au rendez-vous de l’égalité réelle, nous devons aller encore plus loin.

Aujourd’hui, 56 % des enfants de moins de trois ans sont gardés par l’un de leurs parents, et le plus souvent par leur mère. Ce chiffre n’est pas neutre. Il dit quelque chose des inégalités persistantes : carrières freinées, temps partiels subis, renoncements professionnels, charge mentale et isolement.

Le manque de solutions d’accueil et la tension sur les effectifs restent une réalité. Nous devons renforcer les moyens humains dans les PMI, soutenir davantage les communes dans la création de places en crèche, et accompagner encore mieux les assistantes maternelles. Investir dans la petite enfance, ce n’est pas une dépense sociale : c’est un levier majeur d’égalité entre les femmes et les hommes.

Je veux également souligner plusieurs points de vigilance.

Dans les collèges, les dispositifs de sensibilisation sont pertinents mais doivent être poursuivis. Depuis la réforme du baccalauréat portée par Jean-Michel Blanquer, nous constatons une baisse significative du nombre de filles choisissant la spécialité mathématiques. Cette autocensure a des conséquences durables sur l’accès aux filières scientifiques et à certains métiers.

En matière sportive, nous savons que, pour les femmes, l’accès à la pratique reste plus difficile : contraintes horaires, charge familiale, sentiment d’illégitimité dans certains espaces. L’aménagement des équipements et l’organisation des créneaux doivent continuer à évoluer pour lever ces freins.

Les familles monoparentales — majoritairement des mères seules — cumulent les fragilités : logement, emploi, garde d’enfants, mobilité. Le logement, en particulier, reste un point crucial. Sans solution stable et adaptée, il est extrêmement difficile de reconstruire un parcours professionnel et personnel.

Nous devons aussi porter une attention particulière aux femmes âgées, souvent invisibilisées, davantage exposées à l’isolement et à la précarité.

Pour aller encore plus loin, nous pourrions aussi nous inspirer d’actions mises en œuvre dans d’autres départements. L’objectif n’est pas de comparer, mais de s’inspirer des bonnes pratiques.

Certains ont expérimenté des budgets sensibles au genre, analysant l’impact des dépenses publiques sur les femmes et les hommes afin d’ajuster les priorités budgétaires.

D’autres encore ont instauré des clauses égalité renforcées dans les marchés publics, conditionnant certaines subventions ou marchés à des engagements mesurables en matière d’égalité professionnelle.

Nous pourrions aussi réfléchir à un observatoire départemental de la monoparentalité, pour mieux cibler les politiques logement, insertion et garde d’enfants et soutien à la parentalité.

Enfin, certaines collectivités ont engagé des diagnostics spécifiques sur la situation des femmes âgées, croisant isolement, précarité énergétique, mobilité et accès aux soins.

Notre responsabilité collective est de reconnaître les avancées — réelles et importantes — tout en amplifiant l’action là où les inégalités demeurent les plus fortes. »

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