La sécurité sociale de l’alimentation : pour que chacun puisse manger à sa faim, et bien manger !

Il y a des choses qui ne devraient pas dépendre du montant sur son compte en banque. Manger des légumes frais. Choisir des produits qui n’ont pas traversé la moitié de la planète. Se nourrir sans honte, sans file d’attente, sans avoir à prouver qu’on en a besoin. Pourtant, à Fontenay comme ailleurs, la réalité est là : l’inflation grignote les budgets, les familles choisissent entre le loyer et le frigo. La précarité alimentaire progresse silencieusement, souvent invisible parce que vécue dans la honte.
Face à ce constat, une idée fait son chemin partout en France. Une idée simple, ambitieuse, et profondément humaine : la Sécurité Sociale de l’Alimentation.

Qu’est-ce que c’est ?

En 1946, à la sortie d’une guerre dévastatrice, la gauche a réussi quelque chose d’historique : convaincre une nation tout entière de mutualiser les risques de la maladie, et garantir à chaque personne en France l’accès aux soins. La Sécurité Sociale est née d’un élan collectif, d’une volonté partagée de ne plus laisser personne au bord du chemin. 80 ans plus tard, c’est cette même ambition qui inspire la Sécurité Sociale de l’Alimentation aujourd’hui. Son principe : chacun contribue selon ses moyens, et reçoit selon ses besoins.

Concrètement, chaque habitant·e cotise en fonction de ses revenus, et reçoit en contrepartie un budget mensuel dédié (dans les villes qui l’expérimentent déjà, autour de 150 €). Ce montant est utilisable auprès de producteurs et commerçants locaux engagés, conventionnés pour leurs pratiques sociales et environnementales.

Ce qui rend la Sécurité sociale de l’alimentation révolutionnaire, c’est sa gouvernance réellement démocratique. Les décisions sont prises au sein d’une caisse primaire locale gérée conjointement par les habitants, les producteurs, les commerçants, les associations impliquées. Le montant de la cotisation, les critères appliqués pour choisir les produits et producteurs conventionnés, les modalités de fonctionnement : tout est décidé démocratiquement et de façon transparente.

Pourquoi ça change tout

Ce modèle poursuit quatre objectifs qui sont au cœur du projet de Mieux Vivre Fontenay :

  • Lutter contre la précarité alimentaire sans stigmatisation. Parce que la sécurité sociale de l’alimentation est universelle, il n’y a aucune discrimination d’accès : tout le monde peut en bénéficier. Ce n’est plus une logique de charité mais de droit. La cotisation, conditionnée aux revenus, permet de rendre ce mécanisme plus juste et égalitaire ;
  • Soutenir nos producteurs et nos commerçants locaux. L’argent circule localement, vers celles et ceux qui pratiquent une agriculture respectueuse des humains et de la terre ;
  • Réduire notre empreinte carbone et environnementale. En favorisant les circuits courts et les produits de saison et produits dans le respect de l’environnement, on agit concrètement pour le climat et la biodiversité ;
  • Améliorer la santé de tous. Mieux manger, c’est moins de maladies chroniques, plus d’énergie, et sur le long terme réduire les risques pour la santé.

Au-delà de ces objectifs locaux, la multiplication des initiatives de ce type vise à promouvoir des alternatives agricoles au modèle intensif actuel. Parce que le système alimentaire est un tout, de la fourche à la fourchette, ce que nous choisissons de manger a une influence bien plus grande qu’on ne le pense ! Promouvoir la démocratie alimentaire fait aussi partie intégrante de nos convictions que la démocratie locale consiste à redonner le pouvoir aux habitant·e·s sur les décisions qui font leur quotidien. Et qu’il ne peut pas y avoir de transition écologique sans transformation sociale.

Et à Fontenay, concrètement ?

Fontenay-aux-Roses a tous les atouts pour mettre en place une expérimentation réussie : des commerces de proximité, un marché, un tissu associatif vivant dont une AMAP, et des habitants qui ont envie de s’impliquer. À Fontenay, la mise en place et la gouvernance de la Sécurité Sociale de l’Alimentation pourrait prendre la forme d’assemblées citoyennes, d’ateliers participatifs pour choisir les critères de conventionnement, et de partenariats avec les associations déjà engagées dans la transition alimentaire.

Ce n’est pas une utopie

Des expérimentations sont déjà en cours dans plus d’une cinquantaine de territoires en France. Des villes qui accompagnent des citoyens motivés, et des élus qui s’engagent à leur côté. Le mouvement existe et grandit.

Alors, la question n’est pas « Est-ce que c’est possible ? » mais « Est-ce qu’on le fait à Fontenay ? » Si vous voulez construire cette expérimentation avec nous, rejoignez-nous. La table est ouverte pour tout le monde.

Astrid BROBECKER, Conseillère municipale et Conseillère départementale,
Irène KORSAKISSOK,
Fanny PARGANIN,
Christine ZIEGLER

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